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Montant de la retraite : la formule et un exemple chiffré

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Un homme d'une soixantaine d'années écrit dans un carnet sur une table en bois, une tasse de café à côté de lui

Ce qu'il faut retenir - La pension de base se calcule avec trois éléments seulement : le revenu annuel moyen des 25 meilleures années, le taux de 50 % au plus, et le rapport entre votre durée d'assurance et la durée exigée pour votre génération. - Un trimestre manquant coûte deux fois : il réduit le taux de 0,625 point, et il fait baisser le rapport de proratisation. - Le montant ne peut pas descendre sous le minimum contributif, ni dépasser 50 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 2 002,50 € brut par mois pour un départ en 2026. - La retraite complémentaire s'ajoute à ce montant, puis la CSG, la CRDS et la Casa se déduisent.

Sauf mention contraire, cet article traite des salariés du privé relevant du régime général. La fonction publique, les indépendants et les régimes spéciaux appliquent d'autres règles de calcul.


1. La formule tient en une ligne

L'Assurance retraite calcule la pension annuelle brute ainsi :

revenu annuel moyen × taux de liquidation × (durée d'assurance / durée exigée)

Trois termes, et chacun correspond à une réalité différente. Le premier dépend de votre carrière passée et ne bouge plus une fois la retraite liquidée. Le deuxième dépend de votre date de départ. Le troisième dépend du nombre de trimestres validés.

Le résultat est un montant annuel brut, versé par mois. Il ne comprend pas la retraite complémentaire, qui fait l'objet d'un calcul séparé, ni les prélèvements sociaux, qui viennent en déduction (source : service-public.fr, fiche F21552, vérifiée le 1er septembre 2026).

2. Le revenu annuel moyen ne retient que 25 années

Le revenu annuel moyen est la moyenne des salaires annuels bruts des 25 années les plus avantageuses de votre carrière. Deux corrections s'appliquent avant la moyenne : les salaires sont revalorisés pour être exprimés en euros de l'année de votre départ, et ceux acquis depuis 2005 sont plafonnés au plafond annuel de la Sécurité sociale.

Deux exceptions réduisent le nombre d'années retenues. Si vous avez eu un enfant, la moyenne porte sur 24 années. À partir de deux enfants, elle porte sur 23 années. Le mécanisme est favorable : il retire les années les plus faibles du calcul.

Si votre carrière compte moins de 25 années, la moyenne porte simplement sur les années travaillées. L'année de votre départ à la retraite n'est jamais prise en compte, sauf si elle est plus avantageuse que la plus faible des années retenues (source : fiche F21552).

3. Le taux : 50 %, moins 0,625 point par trimestre manquant

Le taux plein est de 50 %. Il s'applique si vous réunissez la durée d'assurance exigée pour votre génération, ou si vous partez à 67 ans, ou en cas d'inaptitude ou d'invalidité reconnue.

S'il manque des trimestres, le taux est réduit de 0,625 point par trimestre manquant. La réduction porte sur 20 trimestres au maximum : le taux ne descend donc jamais sous 37,5 % (source : service-public.fr, fiche F19666, vérifiée le 1er janvier 2026).

Trimestres manquants Taux appliqué
0 50 %
4 47,5 %
8 45 %
12 42,5 %
16 40 %
20 et plus 37,5 %

À l'inverse, chaque trimestre civil entier travaillé au-delà de l'âge légal majore la pension de 1,25 %, jusqu'à un plafond qui dépend de la durée d'assurance (source : service-public.fr, fiche F19643, vérifiée le 1er janvier 2026).

La durée exigée dépend de l'année de naissance. Pour les personnes nées entre 1963 et mars 1965, elle est de 170 trimestres. Pour celles nées entre avril et décembre 1965, de 171 trimestres. À partir de 1966, de 172 trimestres (source : service-public.fr, fiche F14044, vérifiée le 14 août 2026).

4. La durée proratise la pension

Le troisième terme est un rapport entre deux durées : celle que vous avez validée à l'Assurance retraite, et celle exigée pour votre génération.

Une carrière complète donne un rapport de 1 et la pension vaut alors la moitié du revenu annuel moyen. Une carrière à 162 trimestres sur 170 donne un rapport de 0,953, et la pension est réduite dans la même proportion.

C'est ici que se joue le malentendu le plus fréquent. Quand un salarié dit qu'il lui manque huit trimestres, il subit deux effets et non un seul : le taux tombe de 50 à 45 %, et la proratisation ampute encore le résultat. Beaucoup d'estimations rapides n'appliquent que le premier.

5. Un exemple complet, avec et sans décote

Prenons le cas publié par le service public, pour le rendre vérifiable. Une personne née en 1964, dont l'âge légal est de 62 ans et 9 mois depuis la suspension de la réforme, partie à cet âge avec 170 trimestres, et un revenu annuel moyen de 38 400 €.

Sans trimestre manquant : 38 400 × 50 % × (170 / 170) = 19 200 € par an, soit 1 600 € brut par mois.

Reprenons la même personne avec 162 trimestres validés. Il lui manque huit trimestres pour sa génération. Le taux passe à 45 %, et le rapport à 162 / 170.

Le calcul devient : 38 400 × 45 % × (162 / 170) = 16 466,82 € par an, soit 1 372,24 € brut par mois. L'écart avec le premier cas atteint 227,76 € par mois, pour huit trimestres, soit deux ans de cotisations.

Ce chiffre reste un brut de régime général. Il ne contient ni la complémentaire, ni les prélèvements, ni l'impôt.

6. Le minimum contributif relève le plancher

Le minimum contributif garantit un montant minimal aux retraités qui ont une carrière complète mais une pension calculée trop faible. Trois conditions doivent être réunies : partir au taux plein, avoir demandé toutes ses retraites de base et complémentaires, et percevoir un total de pensions inférieur à 1 410,89 € par mois.

Le montant dépend ensuite des trimestres cotisés, c'est-à-dire réellement travaillés, hors trimestres gratuits comme ceux accordés pour la maternité ou le chômage.

Situation Montant annuel Montant mensuel
Tous les trimestres exigés cotisés 10 847,22 € 903,94 €
Moins de 120 trimestres cotisés 9 075,50 € 756,29 €

Entre ces deux bornes, une majoration progressive s'applique. Avec 135 trimestres cotisés sur 170, le service public retient 873,54 € par mois. Le minimum contributif reste soumis au plafond global de 1 410,89 € par mois, toutes pensions confondues (source : fiche F21552).

7. Le plafond : 2 002,50 € par mois

La pension du régime général ne peut pas dépasser 50 % du plafond annuel de la Sécurité sociale de l'année de départ. Pour un départ en 2026, cela représente 2 002,50 € brut par mois (source : fiche F21552).

Ce plafond concerne la retraite de base seule. Il n'empêche pas la complémentaire de s'y ajouter, ni les majorations pour enfants.

8. La complémentaire Agirc-Arrco s'ajoute

Les salariés du privé cotisent aussi à une retraite complémentaire, dont le calcul est indépendant du régime général. Il repose sur des points : le nombre de points acquis pendant la carrière, multiplié par la valeur de service du point en vigueur à la date de la pension (source : service-public.fr, fiche F15396, vérifiée le 1er janvier 2026).

Depuis le 1er novembre 2026, cette valeur est de 1,4587 €, en hausse de 1,4 % (source : Agirc-Arrco, circulaire 2026-3-DT du 21 octobre 2026). À titre d'illustration arithmétique, 4 000 points représentent 5 834,80 € par an.

Le nombre de points figure sur votre relevé de carrière, dans votre espace personnel Agirc-Arrco. C'est la seule donnée personnelle à récupérer pour estimer la complémentaire.

Une nuance importante : si vous partez sans le taux plein du régime général, la complémentaire subit elle aussi un coefficient de minoration, calculé selon l'âge de départ ou le nombre de trimestres manquants, avec retenue du plus favorable des deux.

9. La CSG, la CRDS et la Casa se déduisent ensuite

Le montant calculé est brut. Trois prélèvements sociaux s'appliquent sur les pensions de retraite.

Prélèvement Taux
CSG 0 %, 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 % selon le revenu fiscal de référence
CRDS 0,5 %
Casa 0,3 %

Le taux de CSG dépend du revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année, rapporté au quotient familial. Pour une part fiscale, les seuils 2026 s'établissent à 13 048 € pour le taux zéro, 17 057 € pour le taux réduit et 26 472 € pour le taux médian au-delà desquels s'applique le taux normal de 8,3 %. Ils augmentent avec le nombre de parts (source : service-public.fr, fiche F2971, 2026).

Au taux normal, l'ensemble représente 9,1 % de la pension brute. La part déductible de la CSG s'élève à 5,9 points à ce taux, 4,2 points au taux médian et 3,8 points au taux réduit ; elle est nulle en cas d'exonération (source : fiche F2971).

10. Le seul chiffre qui compte est une estimation personnelle

Les formules ci-dessus permettent de reconstituer un ordre de grandeur, à condition de connaître trois données : vos 25 meilleurs salaires annuels, votre nombre de trimestres validés, et le nombre de points Agirc-Arrco.

Ces trois données figurent sur votre relevé de situation, disponible sur info-retraite.fr. Le site propose aussi une estimation indicative globale, qui projette votre pension aux différents âges de départ possibles. C'est la seule source qui intègre votre carrière réelle.

Deux vérifications méritent d'être faites sur ce relevé avant de s'appuyer dessus : la présence de toutes vos périodes d'activité, et le nombre de trimestres retenus au titre des enfants. Une correction se demande auprès de la caisse, avec les justificatifs, et elle est plus simple à obtenir avant la liquidation qu'après.

Questions fréquentes

Pourquoi ma pension est-elle plus basse que la moitié de mon dernier salaire ? Parce que la moitié s'applique au revenu annuel moyen des 25 meilleures années, pas au dernier salaire. Elle s'applique ensuite à un taux réduit si des trimestres manquent, puis à un rapport de proratisation inférieur à 1.

Le minimum contributif est-il versé automatiquement ? Il est calculé automatiquement par la caisse au moment de la liquidation, mais il suppose de remplir les trois conditions : taux plein, toutes les retraites demandées, et total des pensions inférieur au plafond de 1 410,89 € par mois.

Travailler après l'âge du taux plein augmente-t-il le montant ? Oui, de 1,25 % par trimestre civil entier travaillé au-delà de l'âge légal. Une année supplémentaire peut aussi améliorer le revenu annuel moyen si elle remplace une année plus faible parmi les 25 retenues.

Pour aller plus loin

Sources

Références consultées le 2 novembre 2026, sur les versions en ligne à cette date.

  1. service-public.gouv.fr, Montant de la retraite du salarié du secteur privé, fiche vérifiée le 1er septembre 2026.
  2. service-public.gouv.fr, Pension de retraite de base à taux plein du salarié, fiche vérifiée le 14 août 2026.
  3. service-public.gouv.fr, Retraite du salarié : qu'est-ce que la décote ?, fiche vérifiée le 1er janvier 2026.
  4. service-public.gouv.fr, Retraite du salarié du secteur privé : qu'est-ce que la surcote ?, fiche vérifiée le 1er janvier 2026.
  5. service-public.gouv.fr, Retraite complémentaire dans le privé : Agirc-Arrco, fiche vérifiée le 1er janvier 2026.
  6. service-public.gouv.fr, CSG : taux et seuils applicables aux revenus d'activité et aux pensions, fiche consultée le 2 novembre 2026.
  7. Agirc-Arrco, Circulaire 2026-3-DT : valeur de service du point au 1er novembre 2026, 21 octobre 2026.
  8. info-retraite.fr, Mon estimation retraite, portail interrégimes, consulté le 2 novembre 2026.

Transparence : cet article a été rédigé par une intelligence artificielle. Il ne remplace pas l'avis d'un professionnel qualifié (conseiller financier, notaire, médecin, assureur). Une erreur ou une information datée ? Signalez-la. En savoir plus sur notre méthode.